Solutions de domotique libres ou propriétaires ?

Bonjour,

Aujourd’hui petit vagabondage sur les avantages et inconvénients d’une solution libre en domotique.

Tout d’abord, prenons le cas d’une société française comme Lifedomus qui a sorti récemment une box domotique (chère) avec une interface dite révolutionnaire (ce qui n’est pas faux au vu des autres solutions propriétaires actuellement sur le marché). Cette société a sorti en moins de temps que nous un produit fini, utilisable en « production » et avec des possibilités scénaristiques. Au vu des différentes vidéo que j’ai pu trouver sur internet, il est clair que leur interface est très intuitive, et avouons le plus aboutie que celle de Domogik (je parle de l’état actuel et non pas des spécifications déjà faite pour la suite du projet où nous aurons, de mon point de vue, une interface aussi aboutie en confort d’utilisation). On sent dans ces vidéos que le produit fait « pro » : des images de fond jolies et design, des icônes léchées pour leur widgets, des effets graphiques propres et soignés sans en faire trop.
Dans le domaine des interfaces il est très difficile de trouver des ressources compétentes dans le domaine du libre (bien plus difficile que de trouver des développeurs). Du coup, pour des petits projets (en terme de nombre de collaborateurs ou d’utilisateurs), celà se ressent sur la vitesse d’avancement des éléments graphiques. Pour prendre l’exemple de Domogik, nous avons un seul réel développeur pour l’IHM web (très bon au demeurant). Il y a bien quelques contributeurs occasionnels (dont moi) mais nous nous contentons de petites modifications ou ajouts, le domaine des IHMs restant un domaine qui nécessite de l’expérience et une manière de penser.
Du coup l’interface web avance très vite en idée et spécifications mais nous manquons de temps pour appliquer toutes ces idées.
Si on prend l’exemple de Domodroid, notre (superbe) application Android, la problématique du moment est la mise à disposition des sources, indispensable à une license GPL. Le développeur étant en déplacement permanent dans des lieux où l’accès à internet est limité, il a choisi pour le moment de travailler seulement sur son poste et il ne diffusera les sources que pour la sortie de la version 0.2.0 de Domogik. Ici nous voyons les limites liées à l’environnement de travail des « bénévoles du libres ».
Sur le visuel, l’avantage en terme de rapidité d’évolution est clairement du côté des solutions propriétaires, tout au moins en début de vie des projets. Quand un projet prend beaucoup d’ampleur, il est toujours plus simple de trouver des ressources!

Au delà de cet aspect visuel, il y a l’aspect plugins que partagent Domogik et Lifedomus : ceci permet d’ajouter le support de technologies actuellement non gérées par la suite. Ici c’est à mon avis le modèle libre qui l’emportera. Nous avons à ce jour plus de 30 plugins en cours de développement et plus de la moitié le sont par des contributeurs qui ne sont pas liés au coeur de Domogik. Le fait de développer un plugin restant simple (modulo la complexité de la technologie concernée), beaucoup de personnes peuvent développer un plugin sans être forcément des développeurs de haut niveau. Il y a donc de fortes chances que sur le moyen/long terme Domogik gère (de manière stable et non buggée) beaucoup plus de technologies que ne le fera Lifedomus (par exemple).

Vient enfin le coeur de la solution domotique : toute la partie qui est utilisées par les IHMs, qui interconnecte les plugins, gère les historiques et scénarios : ce que nous appelons sur Domogik le « core ». Cette partie, comme le développement des IHMs prend beaucoup de temps et nécessite une forte implication et connaissance du projet. Il n’est pas simple de trouver des contributeurs pour cette partie en général.
De plus, des évolutions du core sont souvent impactantes et elles ne peuvent pas toujours être faites en parallèles. Du coup les évolutions peuvent prendre du temps. La problématique est la même pour le solutions propriétaires et libres.

Abordons la réactivité. Pour une solution propriétaire, une demande d’un utilisateur peut ne peut être prioritaire par rapport à la feuille de route déjà établie. Il n’y a en général aucun moyen d’accélérer le processus de prise en compte. Du côté du libre, si vous avez quelques compétences sur le sujet vous pouvez proposer un patch et si il tient la route, il sera accepté relativement rapidement. Dans le cas contraire, vous avez toujours plusieurs médias de discussion : irc, forum, mailing list ou autres. Il est donc assez facile d’avoir au moins un retour sur sa demande et d’argumenter de son bien fondé.

Et je finirais par le temps de travail. Dans le cas de la majorité des solutions propriétaire, il y a une entreprise derrière, donc des salariés à plein temps qui font ça durant leur journée de travail. Dans le cas de la solution libre, tout est fait durant le temps libre et c’est là qu’on est réellement désavantagés.
D’un autre côté, la solution libre n’est pas tenue à des impératifs de planning et peut donc avoir plus de souplesse sur les dates de releases. La voie que nous avons choisis est celle de Debian : « on sort une version quand elle est prête ». Ceci nous permet de sortir un produit fiable et stable.

Et voici la fin de cet article un peu décousu (ayant été interrompu au moins 20 fois pendant sa rédaction) mais que je désirais faire afin de mettre en lumière les différences entre le libre et le propriétaire.

Excusez moi pour les quelques raccourcis rapides que j’ai pu utiliser, mais sans eux l’article aurait été bien plus long!

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